Etre un bon parent...pour qui?

La pression sociale, familiale et individuelle autour de la naissance d'un enfant est monumentale.


Chaque adulte qui devient parent se retrouve écrasé très rapidement par cette pression.


La pression individuelle d'abord : chacun de nous transporte un bagage émotionnel très lourd en ce qui concerne la parentalité.

Le poids de l'éducation reçue, le modèle de ses propres parents, les habitudes familiales qui se transmettent de génération en génération...

C'est ainsi que des générations de femmes auront des difficultés à allaiter car "dans la famille on a pas de lait", ou que des enfants seront mis à l'écart car "dans la famille les enfants respectent les adultes" etc...

Notre propre vécu éducatif influencera fortement notre manière d'éduquer nos enfants : reproduction inconsciente du schéma parental, ou au contraire réaction contraire pour surtout "ne pas faire comme ses parents".


Nos représentations fantasmées du bon parent, du bon enfant, d'une bonne famille, nous influenceront également dans notre parentalité.

Il est parfois douloureux d'affronter la réalité !


Enfin, notre représentation va se confronter forcément avec celle du co-parent, influencée elle-même par son vécu personnel et familial.

Et c'est ainsi que les valeurs vont parfois s'opposer, comme "est-ce que les enfants peuvent dormir dans notre lit", ou "est-ce qu'on mange devant la télévision", ou encore "est-ce qu'on crie sur les enfants pour se faire obéir"...

Le dialogue sera alors vital, pour échanger et trouver des consensus sur l'éducation partagée de ses enfants.


Il est donc déjà bien difficile de devenir parent, de se sentir un bon parent, car ce poids générationnel et individuel est lourd à porter.


Avec l'arrivée de son bébé arrivent nos grands ennemis, le "doute", la "culpabilité", et "l'anxiété de mal faire", vous les connaissez forcément si vous êtes parent.

Ces sentiments nous poursuivent sans cesse, à chaque étape de la croissance de notre enfant.

Mais alors que nous pourrions chercher des réponses et de la réassurance dans notre entourage, il me semble que la pression sociale nous fragilise encore plus.


Qu'est-ce que j'entends par "pression sociale" ?

Ces sont ces mamans devant l'école qui se comparent les unes aux autres, qui critiquent les enfants des autres s'ils sont trop bruyants / curieux / agités / collés à maman...

Ce sont ces mamans dans l'entourage qui vous donnent un conseil sans y avoir été invitée, sur leur manière de faire qui est forcément meilleure que la votre.

Ce sont ces mamans derrière leur ordinateur qui imposent leur point de vue sur les réseaux sociaux, et de façon parfois agressive. Les sujets les plus virulents : l'allaitement, le cododo, les vaccins bien sûr.

C'est la société en elle-même, qui transmet par les médias des valeurs de performance ou de réussite anxiogènes pour les parents : où les étapes de croissance sont plus importantes que le sentiment de bonheur, où la réussite sociale est plus valorisante que la réussite relationnelle....


Enfin, une société où les familles sont éclatées, les jeunes parents sont souvent isolés loin de leurs propres parents, et où internet remplace parfois l'avis du professionnel de santé.


Ainsi la pression est bien lourde sur les épaules du jeune parent...

Il aura vite le sentiment de devoir faire ses preuves :

Devant le pédiatre en nourrissant et prenant bien soin de son enfant,

Devant les professionnels de la crèche ou de l'école en leur amenant un enfant sage, sociable, qui supporte bien la séparation et la collectivité,

Devant sa famille en ayant un enfant en bonne santé, et heureux,

Devant les autres parents, en réussissant son allaitement, en ayant un enfant qui marche, parle, finisse un puzzle, sans retard et même pourquoi pas en avance,

Devant son conjoint, en étant à la fois parent, mais aussi femme et homme

Devant son employeur, en étant motivé par la reprise professionnelle, et en montrant ses capacités à gérer l'équilibre vie privée/vie professionnelle....


Et surtout devant son miroir...

Se sent-il suffisamment bon pour son enfant ?

Parvient-il à transmettre les valeurs éducatives auxquelles il croit?

Son enfant est-il en sécurité avec lui ? assez heureux?


Ces doutes sont normaux !

C'est ce qui vous rend un "bon" parent, et qui vous pousse à vous adapter aux besoins réels de votre enfant.

Mais subir une pression sociale ou familiale sur sa parentalité est fragilisant et parfois destructeur.

Il faut alors apprendre à s'éloigner des personnes toxiques, prendre du recul sur certains réseaux sociaux, et surtout avoir conscience qu'il n'y aura jamais de "bon" ou de "mauvais" parent.

Il n'y a que des parents d'enfants, des parents avec un bagage personnel différent, et des enfants avec des besoins spécifiques.


Alors on relâche la pression,

On fait de son mieux, avec les capacités qu'on a à ce moment là, et en fonction des besoins de son propre enfant.


Chaque enfant est unique, mais aussi chaque parent.

Enrichissons nous les uns des autres, partageons notre expérience, exprimons nos doutes, en toute confiance et ouverture d'esprit.

Les cafés de parents, les cercles de femmes, les groupes d'entraide, sont des espaces où chaque parent pourra trouver de la réassurance et des résonances à ses doutes.


Et quand un parent prendra soin de lui, ou quand on prendra soin d'un parent, c'est alors son enfant qui recevra les bénéfices directs de cette bienveillance.

Pas de "bon" parent pour moi, juste des parents qui font de leur mieux, et c'est souvent déja bien assez.




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